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La Mission de police civile des Nations Unies en Haïti (MIPONUH) a pris fin le 15 mars 2000. C'est la fin d'une époque, la fin de la présence des casques bleus en Haïti. Cependant, la contribution canadienne dans ce pays se poursuivra en dépit du retrait du personnel international de maintien de la paix.
Le Canada appuie la réforme des services de police en Haïti depuis 1994. Au cours des six dernières années, en sa qualité d'organisme d'exécution, la GRC a envoyé plus de 550 policiers canadiens aux missions successives de la police civile de l'ONU en Haïti. Elle a également affecté près de 100 formateurs et conseillers techniques à des projets menés conjointement avec l'Agence canadienne de développement international (ACDI).
Il s'agissait là du premier partenariat de maintien de la paix auquel participait la collectivité policière canadienne. Les premiers corps policiers à joindre leurs efforts à ceux de la GRC étaient les services de police de la Communauté urbaine de Montréal et de Gatineau, dont la participation remonte à 1995. D'autres corps policiers municipaux et provinciaux du Québec et de l'Ontario ont tôt fait de suivre leur exemple, aidant ainsi à satisfaire aux exigences linguistiques de la mission.
Au fil des ans, le mandat de la police civile des Nations Unies en Haïti a beaucoup évolué. De la prestation de services de police, on est passé à l'établissement d'un environnement sûr et stable en vue des élections, puis à la sélection et à la formation des membres de la nouvelle Police nationale d'Haïti (PNH), pour enfin surveiller le travail sur le terrain des policiers nouvellement formés et offrir des conseils sur le développement de la PNH.
On travaille maintenant à préparer une nouvelle mission : la mission civile internationale d'appui en Haïti (MICAH). On remplacera graduellement le personnel sortant de la MIPONUH par des experts internationaux, dont des conseillers techniques et des policiers, qui offriront aux agents de la PNH une formation dans les domaines de la justice, des services de police et des droits de la personne. À la demande du gouvernement d'Haïti, les conseillers techniques ne seront pas armés et ne porteront pas d'uniforme.
Le surint. Yves Bouchard de la GRC, qui a travaillé en Haïti de 1998 à 1999 à titre de sous-commissaire de la police civile et de commandant du contingent canadien, y retournera pour occuper le poste de directeur de la composante policière de la MICAH.
Mission de police civile des Nations Unies en Haïti (MIPONUH)
Septembre 1993 -juin 1996
Mission d'appui des Nations Unies en Haïti (MANUH)
Juillet 1996 -juillet 1997
Mission de transition des Nations Unies en Haïti (MITNUH)
Août -novembre 1997
Mission de la police civile des Nations Unies en Haïti (MIPONUH)
Décembre 1997 -mars 2000
Même si c'est avec de plus en plus de confiance que la relativement nouvelle Police nationale d'Haïti assure aux citoyens un milieu de vie sécuritaire, dans les coulisses, une équipe de seize membres de la GRC, actifs ou à la retraite, l'aide de multiples façons.
Le Canada apporte son aide dans le cadre d'un projet bilatéral parrainé par la GRC et l'Agence canadienne de développement international (ACDI). Ce projet a débuté en 1996 par l'envoi d'instructeurs de la GRC pour enseigner la gestion à l'école de la PNH.
Puis, en 1997, des membres chevronnés de la GRC se sont rendus en Haïti pour élaborer un plan quinquennal visant à aider le pays à atteindre un niveau minimal de viabilité. Quelque 42 conseillers techniques, notamment de la France et des États-Unis, ont été nommés à des postes de gestion clés. En décembre de la même année, la GRC et l'ACDI ont signé une entente administrative interministérielle de trois ans, le Projet de renforcement institutionnel, pour venir en aide à la PNH.
Le projet vise à amener la PNH à prendre en main son propre développement et à promouvoir la philosophie de la police communautaire qui encourage les policiers à se rapprocher des citoyens pour comprendre leurs besoins et y répondre de façon appropriée. Le Projet de renforcement institutionnel comporte trois grands volets : le développement organisationnel, la formation et la logistique.
Outre l'assistance technique fournie dans les domaines administratifs, l'équipe met à profit son expertise technique pour aider la PNH à organiser le service de l'air, le laboratoire judiciaire, le centre documentation de l'école, le service de renseignements criminels et le parc automobile.
L'article suivant a été publié dans le numéro d'avril 2000 du Pony Express de la GRC. Le projet ACDI/GRC en Haïti a pris fin le 31 mars 2001.
Cinq membres de la GRC, incluant le commandant du contingent, l'insp. Alain Lambert, participent actuellement à la Mission de police civile des Nations Unies au Guatemala, chargée de veiller au respect des droits de la personne dans ce pays d'Amérique centrale ravagé par plus de trente années de guerre. Le gouvernement du Guatemala et l'Union révolutionnaire nationale du Guatemala (URNG) ont signé une entente de cessez-le-feu en mai 1996, à Oslo. Cette entente mettait fin à la plus longue guerre en Amérique latine et ouvrait la voie à une intervention des Nations Unies pour veiller au respect des engagements et instaurer une paix durable dans le pays. Le conflit survenu au Guatemala a entraîné la violation généralisée des droits humains, particulièrement à l'endroit des Mayas, la population autochtone du pays.
Dans les années 80, des milliers de Mayas ont fui leurs provinces d'origine pour aller dans les villes, où ils essaient tant bien que mal de gagner leur vie. Le taux de chômage au Guatemala s'élève à 20 p. 100 mais seulement 25 p. 100 de la population active bénéficie de la sécurité sociale. Environ 80 p. 100 vit sous le seuil de la pauvreté. Dans les rues de la capitale, on ne compte plus les vendeurs de journaux et les cireurs de chaussures, qui alimentent une économie souterraine évaluée à 34 p. 100 du PIB. Les problèmes économiques croissants ont entraîné la violence et forcé la communauté internationale à intervenir.
Sans un contrat social démocratique, le pays risque de répéter les erreurs du passé, où la crise économique ouvre la voie à un régime militaire, dont la première victime est la justice.
Comme dans la plupart des pays d'Amérique latine, la situation économique du Guatemala est en régression depuis plus de 30 ans. En 1960, la région représentait près de huit pour cent du commerce mondial. En 1990, ce chiffre avait chuté à 3,3 p. 100.1 Le chômage a triplé tandis que la qualité des emplois se dégradait, créant une grande insécurité parmi la majorité des travailleurs.2 L'instabilité engendrée par la restructuration économique, l'accroissement de la pauvreté et l'élargissement du fossé des inégalités se répercute sur les politiques régionales et fait obstacle à la démocratie. En 1990, 46 p. 100 des Latino-américains, soit 196 millions de personnes, vivaient dans la pauvreté.3 Après la crise de la dette au début des années 80, nombreux sont les travailleurs qui ont été contraints d'accepter d'importantes réductions de salaire ou qui ont été mis au chômage. Beaucoup se sont alors tournés vers l'économie souterraine. Pour de nombreux pauvres en milieu urbain, le crime et la violence étaient les seules issues possibles.4
Une petite élite de Guatémaltèques hispanophones instruits contrôle le majeure partie des ressources du pays, une iniquité qui rend difficile toute réforme démocratique.5 Tant que la majorité sera maintenue dans la pauvreté et le chômage et qu'elle ne sera pas défendue par le système de justice, les solutions à long terme demeureront illusoires. MINUGUA a pour objectif d'établir une nouvelle relation entre l'État et la société civile, en instaurant un système multipartite, des élections libres et la primauté droit, et en éliminant le racisme institutionnalisé. Les membres qui participent à cette mission ont un défi de taille à relever. La corruption civile, des systèmes fiscaux inéquitables, l'héritage laissé par le régime militaire et le trafic de drogues à grande échelle sont autant d'obstacles à la création d'une société libre.
À la fin des années 80, la Banque mondiale a lancé un programme visant à financer les moyens technologiques nécessaires à la réforme du système judiciaire à la grandeur de l'Amérique latine. Mais, en dépit de ce programme et des fonds additionnels fournis par la Banque interaméricaine de développement en 1994, les efforts déployés pour réformerl'administration des tribunaux et la formation juridique ont donné très peu de résultats. Selon un rapport de 1998 de la Banque mondiale, le système de justice pénal dans la plupart des pays de la région est inefficace et extrêmement lent, et seul un nombre infime de contrevenants sont traduits en justice.6
MINUGUA a un double mandat : vérifier le respect des droits de la personne et renforcer la capacité du Guatemala à protéger ces droits. Le mandat de la mission est défini dans la Résolution 48/267 adoptée à l'Assemblée générale des Nations Unies le 19 septembre 1994.
Plus de 400 personnes représentant 37 pays, participent à la mission des Nations Unies, dont 43 policiers de 18 pays. De son quartier général dans la capitale, Guatemala, le directeur de la mission, M. Jean Arnaud, supervise toutes les tâches de vérification et les programmes d'établissement des institutions. Il est appuyé dans son travail par des spécialistes des droits de la personne, des questions juridiques et des fonctions policières et militaires, et reçoit également des conseils concernant les questions autochtones. Quinze bureaux régionaux sont établis partout au pays et les coordonnateurs régionaux ont pour tâche de fournir l'assistance technique et le soutien administratif.
Le 20 janvier 1997, conformément à une décision du Conseil de sécurité des Nations Unies, MINUGUA devenait une mission civile et humanitaire, comprenant une mission de vérification de trois mois pour assurer le respect du cessez-le-feu signé par le gouvernement du Guatemala et l'URNG. Le personnel militaire canadien est toujours en place au Guatemala, mais les derniers observateurs militaires de l'ONU ont quitté le pays le 27 mai 1997.
Le personnel de MINUGUA au quartier général a établi des bureaux un peu partout au pays, y compris dans les régions les plus éloignées, afin de recueillir des renseignements tant auprès des sources du gouvernement que de l'URNG, d'enquêter sur les rapports de violation des droits de la personne et de voir à la mise en oeuvre de l'Accord général relatif aux droits de l'homme. Les membres ont aussi pour fonction d'offrir des conseils et une assistance technique pour assurer le respect des Accords et aider la police civile nationale à devenir un corps policier responsable.
Le commandant du contingent, l'insp. Alain Lambert explique que les policiers canadiens affectés aux bureaux régionaux ou infrarégionaux ont pour tâche de consigner toutes les plaintes, incluant les plaintes concernant le non-respect des droits de l'homme. Ils peuvent aussi enquêter en collaboration avec d'autres membres de la mission si les allégations semblent fondées." De plus, ils assistent aux interventions de la police dans les situations où il pourrait y avoir de la violence. Certains ont même dû intervenir pour éviter que la population ne se fasse elle-même justice dans des régions éloignées du Guatemala, où des lynchages ont déjà eu lieu.
Les membres de la mission doivent composer avec l'héritage douloureux laissé par le régime militaire. Selon l'insp. Lambert, le manque de confiance de la population à l'endroit de la police c'est un des pires problèmes auxquels fait face la mission. Un des accords prévus dans l'entente de paix promettait de réduire le budget des forces armées du pays mais, comme l'affirme l'insp. Lambert, le problème persiste. L'armée a trop de pouvoirs et s'approprie la plus grande part du budget national, affirme-t-il. Les hausses budgétaires sont loin de répondre aux besoins et la nouvelle police civile subit de fortes pressions. D'après l'insp. Lambert, la police civile ne dispose pas du budget dont elle a besoin pour devenir un corps policier responsable et il lui manque plusieurs milliers de membres seulement pour atteindre l'effectif minimal requis. C'est pourquoi il lui est si difficile de rompre avec le passé.
Pour ce qui est de la réforme du système de justice, l'insp. Lambert déclare que : ça ne fonctionne tout simplement pas. Tout le système est en train de devenir un système accusatoire, mais il n'y a aucune formation. Il y a un nombre incroyable de dossiers en attente et le système dans son ensemble n'a aucune crédibilité."
Comme le fait remarquer l'insp. Lambert, le processus démocratique est nouveau au Guatemala et la réforme du système de justice prendra du temps. Le nouveau gouvernement, élu en janvier 2000, s'efforce de comprendre la situation et de prendre des mesures pour se conformer avec au moins une partie des exigences prévues dans les accords (...) Tout cela demande beaucoup de temps et de négociations pour un nouveau gouvernement sans expérience dans un pays qui n'a jamais vraiment connu la démocratie." Pour préparer la démocratie, il faut commencer par assurer la sécurité des communautés, et c'est là que les policiers de la mission peuvent aider. L'insp. Lambert est membre d'un nouveau groupe de travail qui examine la possibilité pour la police civile des Nations Unies de conseiller et de guider la police civile nationale, particulièrement en ce qui a trait à la police communautaire. Les policiers canadiens savent commenttravailler avec les citoyens et ils peuvent mettre leurs compétences à profit pour aider les Guatémaltèques à prendre leurs communautés en main et en faire des endroits sûrs, propices au développement de la démocratie.
MINUGUA peut aider les Guatémaltèques à se doter d'un contrat social démocratique, qui permettra au pays d'éviter les situations du passé, marquées par des crises économiques qui ouvrent la voie à un régime militaire, dont la première victime est la justice.
En 1999, deux événements survenus dans la vie politique du Guatemala ont marqué le travail des policiers canadiens participant à la mission. Lors de la consultation publique du 16 mai sur la réforme constitutionnelle et du deuxième tour de scrutin aux élections fédérales, le 16 décembre, la police canadienne a en effet prêté son concours pour diffuser les propositions de réforme constitutionnelle et aider à l'inscription des électeurs et au recensement. Elle a aussi fait rapport sur les rassemblements politiques et les campagnes d'information publique visant à encourager les électeurs à se rendre aux urnes, particulièrement la population autochtone.
Au second tour de scrutin, Alfonso Portillo, 48 ans, de l'aile droite du Front républicain guatémaltèque (FRG), a remporté une victoire éclatante, recueillant 68 p. 100 des voix. Soulignons qu'aux termes de la constitution, le président sortant, Alvaro Arzu, était exclu de la course. M. Portillo, un ancien professeur d'université, promet de réduire l'écart grandissant entre les riches et les pauvres et de lutter contre le crime. Le nouveau cabinet est formé d'anciens sympathisants de la guérilla, de Mayas instruits, de défenseurs des droits de l'homme et de partisans de l'économie libérale. Après sa victoire, M. Portillo s'est engagé à démanteler le groupe élite chargé de la sécurité présidentielle, connu sous le nom de Estado Mayor et accusé d'avoir commis des atrocités pendant la guerre civile.
Le nouveau gouvernement guatémaltèque doit maintenant s'atteler à la tâche de constituer une police civile nationale et de faire du système de justice une institution véritablement engagée à agir avec professionnalisme et à respecter les droits de la personne. Les Accords de paix ont ouvert la voie, fournissant l'occasion au Guatemala de redéfinir ses institutions responsables de l'application de la loi. Forts de leurs compétences et de leurs connaissances, les membres de la police civile des Nations Unies sont en mesure d'aider le pays à rompre avec le passé et à mettre sur pied une force policière civile responsable.7
J'étais au Guatemala du 14 avril 1999 au 14 avril 2000. J'ai travaillé avec un Péruvien qui était avocat aux Nations Unies. Ensemble, nous avons surtout enquêter sur les violations aux droits de la personne. De plus, j'ai aidé à vérifier le système judiciaire en collaboration avec des avocats et des procureurs de la Couronne, et je me suis occupé de personnes qui avaient été arrêtées. La plupart étaient accusées de délits mineurs, d'avoir bu dans des endroits publics, etc. Il y a aussi eu quelques cas de meurtres et d'arrestations pour trafic de petites quantités de drogues.
Les personnes qui se font arrêter peuvent être détenues pendant quatre à six mois avant que des accusations ne soient portées. Nous avons aidé à rapprocher les avocats et les détenus.
Le système de justice fonctionnait mieux qu'avant l'arrivée des Nations Unies, mais il ne se compare pas au nôtre. Les moyens sont très limité s, si bien que très peu de cas peuvent être traités et qu'il faut beaucoup de temps pour mener les enquêtes. Notre tâche était d'observer le travail des intervenants et d'essayer de les aider. On les conseillait lorsqu'ils avaient des problèmes. Nous n'étions pas autorisés à mener nous-mêmes les enquêtes; nous étions là pour apporter notre aide et nos conseils.
Mon collègue et moi étions affectés dans le nord du pays, où nous avons travaillé étroitement avec les Autochtones qui représentent 60 p. 100 de la population. Ils étaient heureux d'accueillir les représentants des Nations Unies et d'obtenir notre aide pour traiter avec le gouvernement et le système judiciaire. Au fil du temps, nous leur avons de l'information et ils ont pu multiplier les contacts les membres de la police civile des Nations Unies.
J'avais déjà eu l'occasion d'aller au Guatemala en 1994 et en 1996. Avec deux anciens policiers de Montréal, je donnais des cours de conduite préventive aux chauffeurs d'ambassades, aux policiers et aux conducteurs d'ambulance. Nous avions un contrat avec l'ambassade du Canada.
Je vivais à Poptun, une petite ville de 15 000 habitants. Avec la population rurale, la région comptait 20 000 personnes. Au début, c'était difficile de vivre dans une si petite ville, mais j'aimais beaucoup les gens. Comparativement à 1994, le Guatemala est devenu beaucoup plus sûr. À l'époque, il était très dangereux de circuler dans la rue, surtout la nuit. Aujourd'hui, il y a beaucoup de touristes, surtout des jeunes. Ils se sentent suffisamment en sécurité pour partir avec leur sac à dos à la découverte du pays.
On avait vraiment l'impression d'aider les gens et c'était intéressant de travailler avec des policiers de différents pays. Mon collègue et moi avons travaillé avec six civils qui sont devenus notre deuxième famille. Nous étions bien logés et il était facile de se procurer de la nourriture et tout ce dont nou savions besoin.
Ce fut une bonne expérience et j'aimerais y retourner dans quelques années. Mon partenaire aussi. Le travail est très différent de nos tâches habituelles et on a l'impression de vraiment rendre service à la population.
Note de la rédaction : La société guatémaltèque représente une réalité unique : plus de 70 p. 100 de la population est autochtone et partage une grande variété de langues et de cultures. Très peu de policiers ont la formation voulue pour traiter avec une si grande population autochtone, sauf bien sûr la GRC. En effet, au Canada, beaucoup de membres des provinces à contrat travaillent dans des communautés qui comptent autant d'Autochtones. Ils mettent sur pied des initiatives de police communautaires innovatrices, qui aident à rapprocher les cultures.
L'article suivant a été publié l'année dernière dans la Gazette de la GRC, Vol. 62, No.2, 2000. La GRC a complétée son mandat au Guatémala en décembre 2000.

Le Canada et le Brésil unissent leurs forces dans un projet visant à fournir des solutions à long terme aux problèmes provoqués par la sécheresse dans le nord-est du Brésil, une des régions semi-arides les plus peuplées de la terre et qui se range parmi les plus sous-privilégiées en Amérique latine. En dépit des efforts récents du gouvernement pour réduire la pauvreté, engendrer de la croissance économique et rehausser le niveau de vie, une grande proportion des 25 millions d'habitants de la région continuent à combattre la marginalisation économique et l'exclusion sociale.
La plupart des problèmes de la région peuvent être reliés d'une façon ou d'une autre à un manque d'eau résultant de précipitations irrégulières, de taux extrêmement élevés d'évaporation, d'un socle rocheux qui ne favorise pas l'infiltration et, ainsi, le développement des ressources d'eaux souterraines, et d'un phénomène naturel mal compris qui rend les eaux souterraines saumâtres et généralement inutilisable pour la consommation humaine ou animale, ou pour l'irrigation. De plus, la population, particulièrement dans les zones rurales, n'a pas le savoir-faire technique pour gérer correctement les ressources en eau qui existent. Dans de telles circonstances, il est difficile pour la communauté de produire la nourriture nécessaire à sa survie, même durant les périodes les meilleures.
Pendant les années de sécheresse, quand les mois normalement pluvieux produisent peu ou pas de pluie, la situation devient catastrophique. De telles sécheresses peuvent affecter des zones très grandes et durer plusieurs années. Le nord-est vient tout juste de sortir d'une période de sécheresses parmi les plus dévastatrices du XXième siècle. Les populations de neuf états ont assisté sans recours à la disparition totale de leurs ressources d'eau, à la faillite de leurs récoltes, à la mort de leur bétail, et à la transformation de leurs terres en des cuvettes de poussière sans vie. À un certain moment, en mai 1998, la FAO3 a signalé que 4,8 millions de personnes dans le nord-est du Brésil étaient menacées par la famine.
Selon les statistiques, les sécheresses sont devenues de plus en plus intenses au cours des dernières décennies. Elles ont des conséquences sociales graves et à long terme. Elles provoquent l'exode en masse de la main-d'Ïuvre vers les grands centres urbains qui ne peuvent pas faire face à l'afflux; elles produisent des maladies dues à la malnutrition et à la consommation d'eau de mauvaise qualité; avec les maladies vient une augmentation des taux de mortalité, particulièrement de la mortalité infantile. La désintégration de l'agriculture provoque la famine et inévitablement, il en résulte de l'agitation sociale et parfois même des émeutes.
Le projet des eaux souterraines du nord-est du Brésil, tel qu'on a désigné cette nouvelle initiative, cherche à améliorer la qualité de la vie dans les régions les plus touchées en développant les ressources d'eaux souterraines, ce qui facilitera l'accès à un approvisionnement plus régulier et plus abondant en eau de bonne qualité. Ceci, par ailleurs, renforcera les secteurs agricole et économique de la région, améliorera la santé publique, et fournira au peuple la capacité de se soutenir mieux pendant les sécheresses prolongées qui assaillent périodiquement la région.
Le projet a été approuvé en avril 2000 avec une durée projetée de presque quatre ans. Il est géré conjointement par la Commission géologique du Canada, un secteur du Ministère des ressources naturelles Canada, et par le Service géologique du Brésil (CPRM). Le projet est soutenu financièrement par l'Agence canadienne de développement international (l'ACDI) et par le gouvernement brésilien dans un rapport de 1 (le Canada) à 5 (le Brésil).
Le Brésil a initié le projet en lançant d'importants programmes de développement des ressource hydriques dans trois états du nord-est, soient le Ceará, le Pernambuco et le Rio Grande do Norte, avec la collaboration de plusieurs organisations qui, entre elles, couvrent un éventail de disciplines et de services dont les sciences de la terre, l'ingénierie, des services environnementaux et sociaux, la santé, etc. Ces organismes, qui incluent des organismes des divers paliers gouvernementaux, des universités, le secteur privé, des O.N.G., des consultants, et des organismes communautaires, ont défini leurs rôles respectifs dans une série de propositions qui ont été soumises pendant la phase de développement du projet. C'est la première fois qu'un tel effort concerté est mis en place dans le nord-est pour tenter d'apporter du soulagement aux problèmes provoqués par sécheresse.
Le rôle du Canada est d'aider le Brésil à atteindre ses objectifs dans ces programmes en fournissant les technologies les meilleures et les plus appropriées parmi celles disponibles au pays, et en les adaptant aux conditions qu'on retrouve dans le nord-est du Brésil. Plus de 70 compagnies canadiennes et établissements publics ont répondu à un appel pour des expressions d'intérêt, offrant une immense variété d'outils s'étendant des technologies fortement sophistiquées telles que des levés géophysiques aéroportés et l'interprétation d'images satellitaires, aux méthodologies simples basées sur des expériences de situations semblables ailleurs dans le monde, tel que l'exécution de projets d'approvisionnement en eau des communauté rurales en Afrique occidentale.
La technologie canadienne est transférée au Brésil principalement par le biais d'atelier, de conférences, de cours de courte durée, de démonstrations d'équipement, de projets conjoints à échelle pilote, de visites techniques, et de la formation de personnel brésilien au Canada. L'objectif est d'augmenter la capacité des établissements brésiliens impliqués dans la recherche et la gestion d'eaux souterraines, d'effectuer des études et des projets de gestion d'eau qui mèneront pertinemment à une amélioration de l'approvisionnement en eau dans les communautés du nord-est du Brésil. À mesure que les nouvelles techniques remplaceront les anciennes, et que les hypothèses et les cibles identifiées seront testées par le forage de puits ou en mettant en application d'autres recommandations, nous prévoyons que, tôt dans le projet, il y aura une amélioration perceptible de l'approvisionnement en eau des communautés dans les zones pilotes des trois états visés par le projet.
On transfert également de la technologie au niveau des communautés en effectuant des projets d'éducation et de formation qui mettent l'accent sur certains thèmes tels l'hygiène, l'économie des ressources d'eau et leur protection, l'entretien simple des systèmes d'eau communautaires, le principe d'égalité d'accès, des méthodes de financement et de résolution de conflits, etc... On effectue aussi des études qui évaluent les besoins de la population, et des sessions publiques pour favoriser la participation de la communauté dans le projet. Ceci devrait améliorer le niveau de conscience de la population et de rehausser la capacité des résidents des communautés d'effectuer eux-mêmes une gestion de base des ressources d'eau, afin de maximiser les bénéfices du projet et d'assurer leur durabilité.
La durabilité à long terme des résultats du projet seront atteints en établissant des liens solides entre les établissements des deux pays, aussi bien ceux du secteur privé que du secteur public. Ceci assurera la diffusion maximale des résultats du projet et la continuation de l'influence technologique canadienne dans le nord-est du Brésil longtemps après que la participation de l'ACDI dans le projet aura cessé.
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La Francophonie n'est pas seulement un ensemble utilisant, à des degrés divers d'ailleurs, une même langue. Elle signifie autre chose.
Cette autre chose, pour nous syndicalistes, est très certainement ce que la solidarité internationale peut donner de mieux quand elle est renforcée par le partage d'une même langue et l'adhésion à des idéaux syndicaux communs, au sein d'une structure commune comme le Comité syndical francophone de l'éducation et de la formation (CSFEF).
Le CSFEF a tenu sa première rencontre en août 1987, à Québec, à l'invitation de la Centrale de l'enseignement du Québec (CEQ) devenue la Centrale des syndicats du Québec (CSQ). Depuis lors, près de 70 déléguées et délégués représentant une quarantaine d'organisations syndicales de 30 pays francophones du Nord et du Sud se retrouvent tous les deux ans pour :
N'est-ce pas là une brillante illustration de nos idéaux syndicaux communs avec leurs valeurs sous-jacentes d'entraide et de progrès? Certes oui! Mais rien ne serait plus faux que de croire «qu'une communauté de langue génère automatiquement une communauté d'intérêts politiques et économiques».
C'est dans cet esprit que nous avons conçu deux programmes, dont l'un est l'Éducation aux droits de la personne et l'autre l'Éducation à la citoyenneté, pour une douzaine de pays de la Francophonie subsaharienne.
L'enseignement des droits de l'homme doit se faire dans le contexte global de l'école, à travers toutes les disciplines scolaires. L'enseignement des droits de l'homme doit être systématique et pluridisciplinaire. Les droits de l'homme ne peuvent constituer au primaire et au secondaire une discipline autonome à part. Il y a des risques de surcharge de l'emploi du temps scolaire. Il faut imaginer comment les disciplines scolaires peuvent intégrer, accueillir l'enseignement aux droits de l'homme. Il faut une approche pluridisciplinaire, pluridisciplinarité d'ailleurs nécessaire aussi bien dans le champ des droits de l'homme que dans d'autres types d'enseignements dits transversaux telles que l'éducation relative à l'environnement, l'éducation à la paix et la solidarité internationale, l'éducation interculturelle, l'éducation à la citoyennetéÉ
La question de la citoyenneté et donc aussi de l'éducation à la citoyenneté est à l'ordre du jour. Au cours de la dernière décennie, les articles, rapports de recherche ou livres sur l'éducation à la citoyenneté foisonnent. La plupart plaident pour une prise en charge de cette éducation par l'école et laissent planer un certain sentiment d'urgence. On parle même de mission incontournable pour l'école.
Le CSFEF collabore avec le Syndicat de l'éducation nationale dont la secrétaire générale est Christiane Bitougat. Elle est également déléguée générale du CSFEF.
Nous avons déjà réalisé deux séminaires nationaux sur les thèmes de l'Éducation à la citoyenneté et de l'Éducation aux droits de la personne. Cela donnera lieu à des séminaires de restitution dans les diverses régions du pays.
Depuis 1997 Sherko Constructions (De l'Estrie) Ltée (Sherko) a réalisé de nombreuses démarches en vue de développer et réaliser un projet de construction de logements (résidences unifamiliales) au Gabon, pays situé dans la partie centrale et sur la côte ouest du continent africain.
Ces démarches ont porté fruit et Sherko-Gabon voyait le jour en 1998. Sherko Gabon a suivi les différentes phases de développement d'un produit et l'entreprise est à l'amorce de la phase de croissance de son produit. Les différents investissements ont permis de bien cerner les besoins de la clientèle, mais surtout les habitudes de vie et la culture des résidents de la région.
Une demande de financement a été présentée par Sherko a l'Agence canadienne de développement international (ACDI) pour la réalisation d'une étude de faisabilité couvrant les quatre volets suivants:
Cette première étude s'est conclue par la signature d'un protocole d'entente entre le gouvernement de la République gabonaise et Sherko Construction de l'Estrie visant à favoriser l'accès à la propriété pour la population
Par ce protocole d'entente, le gouvernement de la République gabonaise s'est engagé à mettre à la disposition de Sherko un ensemble de 200 parcelles viabilisées (réseau d'aqueduc, électricité, voirie et drainage prêtes à construire pour la mise en oeuvre d'un premier projet de construction de Sherko à Angondje, nouveau secteur d'expansion urbaine situé en banlieue de la capitale Libreville.
En plus de la viabilisation des 200 terrains dont la valeur est estimée à environ 2,4 millions de dollars canadiens, la contribution financière du gouvernement gabonais comprend également des exemptions de douanes et de taxes sur les matériaux et d'équipements importés pour le projet de construction de Sherko au Gabon, raison pour laquelle le ministre des Finances, de l'Économie et du Budget est également signataire du protocole.
Par ailleurs, le gouvernement gabonais s'est aussi engagé à mettre en place un système d'assurance prêt hypothécaire adapté à la réalité gabonaise et, à cet effet, a signé un protocole d'accord et d'assistance technique avec la Société canadienne d'hypothèque et de logement (SCHL). Toutefois, dans la période intérimaire de mise en place de ce système, le gouvernement gabonais, à travers le Compte de refinancement de l'habitat du Gabon (CRH Gabon) a signé un second protocole d'accord avec Sherko pour assurer le financement des premières étapes de réalisation du projet d'habitat socio-économique de Sherko (200 parcelles).
Sur un autre plan, le procédé de fabrication est respectueux de l'environnement tant sur les aspects des rejets que de la valorisation de la ressource bois. Nous nous sommes fixés comme objectif un respect des normes canadiennes en matière d'environnement.
Le groupe Sherko de l'occasion pour remercier les différents intervenants qui ont permis ou facilité la réalisation de cette nouvelle entité économique.
Tout d'abord les coopérations canadiennes et belge qui ont financièrement contribué à la réalisation des études préliminaires incluant les impacts sociaux et environnementaux. Il faut noter que la coopération canadienne maintient son assistance en contribuant à la formation de notre personnel.
Au niveau local, nous avons développé d'excellentes relations avec les administrations concernées par notre activité, que les personnes avec qui nous avons eu à travailler en soient remerciées.
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Depuis 1992, Solidarité Canada Sahel (SCS) s'est engagé dans la promotion et la mise en Ïuvre de la Convention des Nations Unies de lutte contre la désertification et la sécheresse. Présent dès les premières étapes des négociations et maintenant impliqué dans la mise en Ïuvre, comme membre actif du réseau international des organismes non gouvernementaux de lutte contre la désertification, représentant les intérêts de la société civile des pays touchés. Le regroupement SCS réunissant des organismes canadiens et africains est accrédité auprès du Secrétariat des Nations unies de la Convention de lutte contre la désertification confirmant ainsi son leadership dans le domaine.
La région de l'Afrique de l'ouest, particulièrement le Sahel, touchée par les effets de la désertification, constitue depuis 1985 la zone d'intervention des activités de SCS. Initialement constituée en une coalition travaillant à l'émergence et l'essor d'un mouvement associatif vigoureux et représentatif des intérêts de la société civile. De plus, SCS a facilité la réflexion et a mené des travaux sur des thématiques tel que la sécurité alimentaire et le foncier afin de sensibiliser et former les intervenants aux problématiques de la lutte contre la désertification pour en dégager des stratégies d'interventions. Un engagement ferme à la lutte contre la désertification s'est concrétisé par le choix de partenaires de la société civile, notamment en favorisant le renforcement des capacités des organisations du mouvement associatif, la concertation tant nationale, régionale qu'internationale. Cette stratégie de renforcement des capacités s'appuie sur un partenariat effectif offrant aux organisations l'occasion et le savoir-faire pour élargir leur base de représentativité, d'accroître leur capacité à établir un dialogue constructif entre la société civile et les autorités responsables du plan d'actions national de lutte contre la désertification : outil national de développement concerté.
Le processus de dégradation des sols constitue une réalité importante dans trois pays d'intervention actuel, soit au Burkina Faso, au Mali et au Niger. Dès 1991, de concert avec ces partenaires au Sahel, SCS établit le constat suivant qui devient une orientation de son travail : « la désertification constitue la pierre angulaire des problèmes environnementaux du Sahel et elle se traduit par la difficulté d'assurer l'autosuffisance alimentaire et par l'exode rural ».
Le contexte de la Convention sur la lutte contre la désertification a permis de concrétiser l'implication de SCS dès la deuxième session de négociation à Genève en septembre 1993 dans le processus de consultation des ONG et la participation aux sessions du Comité Intergouvernemental de négociations sur la désertification (CIND) s'est poursuivi jusqu'aux Conférences des parties. Concrètement, il s'agit de la promotion du rôle des ONG dans la lutte contre la désertification et leur implication dans le réseau international des organisations non gouvernementales de lutte contre la désertification.
De concert avec les ONG canadiennes, les organisations du Sahel ont travaillé sur différents thèmes reliés aux causes et aux conséquences de la désertification, à la formulation de solutions comme la place des savoirs-faire et les techniques traditionnels et de stratégie telle que la participation des femmes au processus de décision. L'appui à la tenue de forums nationaux sur la problématique de lutte contre la désertification au Mali, au Burkina Faso et au Niger a contribué à la création de Comité de pilotage sur la désertification dans les trois pays. Leur mandat respectif consiste à mobiliser les intervenants de la société civile afin d'identifier les moyens à privilégier pour la mise en Ïuvre de la Convention et à définir leur participation aux programmes d'action nationaux.
Depuis 1995, Solidarité Canada Sahel, souligne un important anniversaire, celui du 17 juin, la Journée mondiale de la lutte contre la désertification, par une série d'activités d'information et de sensibilisation auprès du public au Canada et au Sahel. La dégradation des sols, phénomène universel, touche cependant sévèrement la vie de plus de 900 millions de personnes. La Journée mondiale est un rappel annuel aux populations que le développent durable est l'affaire de tout le monde et une invitation renouvelée aux décideurs que des mesures stratégiques et concrètes peuvent agir sur les effets de la désertification et avoir un impact positif sur la vie des populations. La pénurie d'eau, la sécurité alimentaire, l'accès aux terres fertiles les processus de dégradation des sols générés par certaines pratiques agricoles sont autant de thèmes exploités pour faire connaître les diverses facettes de cette réalité complexe. La recherche de solutions pour l'environnement ne pouvant être animée que par une vision d'ensemble, les prochaines années seront consacrées à une réflexion intégrant une approche privilégiant la synergie entre les trois conventions du Sommet de la terre de RIO.
Une initiative prometteuse pour la coopération entre les communautés du Nord et du Sud, où des élus, soit plus d'une centaine de maires du Canada, ont proclamé officiellement le 17 juin, Journée mondiale de lutte contre la désertification. Des maires du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont aussi posé le même geste devant leurs concitoyens, réitérant ainsi leur rôle et leur responsabilité comme intervenant du développement local. Lors des événements de la Journée mondiale 2000 au Canada, madame Séraphine Ouedraogo de la commune de Boulmiougou de Ouagadougou rencontrait des maires du Canada, signataires de la proclamation, lors d'une cérémonie spéciale soulignant la solidarité des élus des gouvernements locaux pour la préservation de l'environnement.
L'approche participative pour la mise en Ïuvre de la Convention des Nations Unies de lutte contre la désertification invite à une collaboration étroite entre toutes les parties concernées pour y définir les modalités de leur partenariat. La société civile, notamment les ONG, constitue une des composantes clés pour assurer le développement participatif. À cet égard, Solidarité Canada Sahel a pu développer des méthodologies d'intervention en soutien à cette participation en privilégiant le renforcement des capacités des organisations de la société civile. De plus, elle favorise l'accroissement de la crédibilité des intervenants nationaux qui acquièrent de cette façon une expérience concrète dans la lutte contre la désertification et la sécheresse.
Ghislain Valade
Directeur général de Solidarité Canada Sahel
Le 17 mai 1997, j'étais l'invité principal de l'émission spéciale la Voix de l'Amérique sur la chute du régime de Mobutu. J'étais très fier de prononcer une espèce de raison funèbre d'un régime que j'ai passé la moitié de ma vie à combattre. L'événement était d'autant plus intéressant qu'on était reçu en FM à Kinshasa par plus de 4 millions d'auditeurs auxquels il faut ajouter des dizaines d'autres millions d'africains qui écoutent régulièrement la Voix de l'Amérique.
Mon coeur était pourtant pas à la fête: je redoutais qu'une dictature n'en replaçât une autre. Quelques jours après, la population zaïroise faisait le même constat de voir sa lutte pour la démocratie confisquée par un groupe d'opportunistes menés par les anciens mercenaires tutsis de Mobutu et leurs armées étrangères. La mort de Kabila tué par l'un de ses gardes du corps originaire du Kivu certainement excédé par les souffrances qu'endurent la population de cette province sous occupation et son remplacement par son fils adoptif d'origine tutsie rwandaise confirme les prévisions les plus apocalyptiques pour le pays si aucun mouvement de sursaut national n'apparaît.
Deux jours après l'arrivée de Kabila à Kinshasa en pleine nuit, son régime était dénoncé par tout le monde, y compris monsieur Tshisekedi qu'il lui avait pourtant facilité la tâche et qui qualifiait désormais le régime de dictature appuyée par des armées étrangères. Des manifestations de rue suivirent. Jamais un régime n'avait eu très peu de temps de grâce. En voyant les soldats tutsis qui ne parlaient souvent aucune langue du pays et qui s'exprimaient surtout en anglais, les habitants de Kinshasa comprirent ce que leurs concitoyens de l'est du pays connaissaient déjà: une fausse libération et l'occupation de leur pays par une force étrangère. La désobéissance civile s'installa dans tout le pays: tout le monde refusait de travailler, d'autant plus que les nouvelles autorités étaient incapable de payer les fonctionnaires l'argent récolté en vendait en rabais les mines du pays ayant été envoyé comme butin de guerre en Ouganda et au Rwanda. En plus, le régime a pris soin d'interdire les partis politiques et les journaux indépendants, les acquis pour lesquels le peuple avait payé très cher pendant la dictature de Mobutu. Pour se maintenir au pouvoir, Kabila comprit qu'il devait se séparer de ses maîtres tutsis.
En août 1998, quand Kabila avait demandé à ses maîtres tutsis de retourner chez eux en Ouganda et au Rwanda, il fut félicité par tout le peuple qui se voyait libérer ainsi d'une tutelle étrangère de plus en plus pesante.
Mécontents, les Tutsis montèrent une opération aéroportée pour tenter de renverser Kabila à partir de l'ouest du pays. Pour bien préparer leur forfait, il avait réussi à convaincre le Président Dos Santos de l'Angola qu'il s'agissait d'un problème interne entre nationaux. Kabila finit par persuader le Président Mugabe du Zimbabwe d'intervenir en soulignant la connivence entre les Tutsis et des groupes racistes blancs sud-africains et américains pour déstabiliser le monde bantou et toute l'Afrique. C'est Mugabe qui fit changer d'avis à M. Dos Santos dont l'armée réussit à mettre un terme en quelques heures à l'aventure meurtrière des illuminés tutsis.
Après la défaite de Kinshasa, les Tutsis se replièrent sur l'est du pays dont le Kivu, la province la plus peuplée du pays qu'ils revendiquent au nom d'un mythique royaume tutsi précolonial alors que l'on sait qu'à la fin du 19e siècle, le roi tutsi du Rwanda fut tué par les Bashi du Kivu mettant ainsi fin à ses visées impérialistes.
Il est tout à fait impensable aujourd'hui que les ethnies du Kivu, qui ont toujours résisté aux folies guerrières des roitelets tutsis, soient incapables de chasser les envahisseurs de leur territoire alors qu'elles appartiennent à un pays plus important que les petites entités précoloniales. La résistance des Mayi-Mayi à l'occupation tutsie, même avec les moyens de bord, est une preuve que les populations de l'est du Congo-Zaïre sont prêtes à mourir pour défendre leur dignité, leur pays. Le problème vient du gouvernement de M. Kabila qui refuse de leur donner les moyens nécessaires. Nous savons de sources militaires dignes de foi qu'il y a une année, M. Kabila avait envoyé des militaires, commandés par quelques officiers originaires de l'est du pays, comptant parmi les meilleurs de l'armée, combattre les troupes d'occupation. Les soldats n'ont eu aucun problème à pénétrer en territoires occupés et avoir la collaboration des populations locales, et étaient prêts à gagner la guerre en quelques mois. Malheureusement, jamais ils n'ont reçu le matériel qu'ils attendaient de Kinshasa. Si l'on se rappelle que M. Kabila n'a nommé personne originaire des territoires occupés à des postes clés au gouvernement, ce qui portant aurait eu pour effet de rassurer les populations concernées sur l'appui du gouvernement à leur cause, on se demande si Kabila n'a pas le même raisonnement que Mobutu de s'imaginer que si les ressortissants de l'est du pays gagnaient la guerre, ils se retourneraient contre son pouvoir. On sait pourtant que si le pays existe encore aujourd'hui, c'est puisque les populations de l'est ont refusé de collaborer avec les envahisseurs. Le manque de réaction forte de Kabila aux massacres de Kisangani est aussi très étonnant. Ce qui a poussé le magazine Jeune Afrique à penser que Kabila a conclu une entente avec M. Kagamé du Rwanda lui laissant les mains libres à l'est du pays à condition de combattre les Ougandais qui occupent la province de l'Équateur et qui seraient tentés de descendre vers Kinshasa. Kabila laissait son cousin Kakudji, ministre de l'Intérieur, faire la pluie et le bon temps à Kinshasa en faisant arrêter qui il veut, mêmedes ministres alors que son fils adoptif d'origine tutsie rwandaise, devenu général en moins de trente ans, régnait sur l'armée au moment où des armées tutsies rwandaises et ougandaises font régner à l'Est du pays un climat comparable à la période négrière. Les seuls gens qui doivent se réjouir de l'actuel situation se sont les envahisseurs Tutsis qui voient l'un des leurs à la tête d'un pays qu'ils ont toujours convoités.
Dès le début, les envahisseurs ont tenu à détruire tout ce que les populations considéraient comme sacré. Ils ont commencé par s'attaquer à l'Église catholique dont se réclame la majorité de la population, les chefs coutumiers et ont réservé un traitement inconnu dans la région à des femmes.
En octobre 1996, les armées tutsies ont assassiné Mgr Munzihirwa, ancien supérieur des Jésuites pour l'Afrique centrale, archevêque de Bukavu, opposant farouche au régime de Mobutu et qui dénonçait les visées hégémoniques des Tutsis sur la province du Kivu. Son successeur, Mgr Kataliko a été relégué dans son village natal de Butembo où il a été empoisonné alors que plusieurs prêtres, religieux et religieuses, ainsi que des pasteurs protestants ont été tués. Les envahisseurs se sont aussi attaqués aux chefs coutumiers très respectés par les populations locales. Plusieurs sont morts et d'autres combattent aujourd'hui dans la clandestinité les occupants de leur territoire.
Des villages entiers ont été rasés sous prétexte que leurs habitants soutenaient les résistants Mayi-Mayi. Dans le village de Kasika, des femmes enceintes ont été éventrées pour sortir des bébés et les autres ont été enterrées vivantes après leur avoir pimenté et salé les parties intimes. Jamais dans la région on ne s'était pris autant aux femmes en période de guerre. Selon des ONG américains et des spécialistes de la région, cette folie meurtrière a déjà fait plus de deux millions de morts. Que faut-il encore pour que la communauté internationale s'intéresse au malheur de ces innocentes populations? C'est en partie pour manifester le désespoir de ces populations de l'Est du pays et pour plus de démocratie que des enfants soldats, originaires de la région et gardes du corps de M. Kabila, ont décidé de la liquider. Un acte héroïque bafoué par une classe politique inconsciente.
On dit souvent que les mobutistes ont eu peur d'un Mobutu mourant, ouvrant ainsi la voie à l'aventure de Kabila alors qu'on aurait pu faire fonctionner les institutions pour destituer Mobutu et l'envoyer mourir tranquillement dans son village. Les kabilistes, quant à eux, ont fait pire: ils ont eu peur de Kabila, même mort, au point de le faire remplacer, en véritable émule de Duvalier, par son fils adoptif d'origine tutsie rwandaise.
Des informations fournies par des compagnons de maquis et Kabila affirment que dans les années 70 un collaborateur de M. Kabila, M. Kanambi, réfugié tutsi rwandais, avait péri dans des circonstances qui restent à expliquer. M. Kabila décida alors d'épouser sa veuve, Marceline, elle aussi d'origine tutsie rwandaise, et adopta de façons coutumières son fils Joseph. Celui qu'on appelle aujourd'hui Joseph Kabila est donc de père et de mère tutsi rwandais. Il ne remplit donc pas les conditions pour devenir président du Congo-Zaïre conformément aux lois du pays et leur esprit qui exigent qu'un président soit de père et de mère eux-mêmes citoyens d'origine. Joseph Kabila ne satisfait pas non plus aux conditions d'âge qui exigent 40 ans et son expérience politique et professionnelle sont presque nulles.
C'est une humiliation suprême pour un pays de 50 millions de personnes parmi les plus instruites d'Afrique et une injure aux enfants soldats - qui ont tué M. Kabila, selon l'article publié dans le journal Le monde du 10 février 2001, en partie parce qu'il s'était rapproché de M. Kagamé, Président du Rwanda et qu'il s'est montré incapable de libérer l'Est du pays de l'Occupation des Tutsis rwandais et ougandais et qui peuvent faire des émules qui une prochaine fois pourront massacrer toute la classe politique qui se montre indigne de diriger un si grand pays.
Les citoyens du Congo-Zaïre se rendent de plus en plus comptent qu'ils ont été roulés par une classe politique qui a imposé une personne à la nationalité douteuse à la tête du pays. Avant que leur colère ne se déverse sur tout le pays, on peut encore rectifier le tire. On peut demander à Joseph Kabila de démissionner. C'est d'autant plus plausible qu'on l'a forcé à s'occuper du pouvoir et qu'il aurait déclaré lors de sa visite aux États-Unis qu'il ne comptait pas rester au pouvoir plus de trois mois. Il est aussi possible que la Cour suprême ou l'Assemblée de transition qui l'ont investi puissent le démettre au motif qu'elles ont eu de fausses informations sur ses origines. Le Président de l'Angola qui a su maintenir l'indépendance et la dignité de son pays même contre l'ancien régime de l'apartheid en Afrique du Sud devrait faciliter l'opération pour éviter une plus longue humiliation au peuple du Congo-Zaïre.
Le Congo-Zaïre est avec le Rwanda l'un des rares pays africains à n'avoir organisé aucune élection depuis 1990. Il faut absolument persuader la classe politique du Congo-Zaïre à confier un pouvoir de transition a une personnalité civile ou militaire capable d'incarner les aspirations du peuple à la dignité, à l'indépendance et à la paix. Il peut s'agir de personnes comme M. Gizenga, un lumumbiste très respecté par toute la population ou des militaires comme le général Katchuva, qui s'était opposé au régime de Mobutu ou le général Kalume, proche du pouvoir en place ou le colonel Bahindwa qui fut l'adjoint de Joseph Kabila à la tête de l'armée de terre et qui a l'avantage de pouvoir rassurer par ses origines et sa compétence les populations des territoires occupés. C'est une suprême injure que de prétendre que parmi 50 millions de citoyens, on a pu trouver personne pour remplacer Kabila dont le bilan est presque nul. Le pays entier risque de s'embraser: le fils adoptif de Kabila sans expérience politique ne sera pas plus difficile à combattre que son défunt père. Aujourd'hui, plusieurs citoyens sont près à mourir pour laver l'honneur de leur pays. Le Président de l'Angola, dont le rôle est capital pour la sécurité du Congo-Zaïre, devra forcer la classe politique à trouver un scénario de sortie de crise.
N'oublions pas que le Congo-Zaïre est la patrie du Prophète Simon Kimbangu, le Premier africain à avoir réclamé l'indépendance de son pays en 1921 et ayant passé 30 ans en prison donc plus que Mandela, de Patrice Lumumba, mort pour la démocratie et l'unité du pays en 1961 et des archevêques catholiques de Bukavu, monseigneur Munzihirwa et Kataliko assassinés respectivement en 1996 et en 2000 pour avoir dénoncé l'occupation de leur pays par des forces étrangères.
L'accord de Lusaka pour mettre fin à la guerre au Congo-Zaïre est très imparfait sur le plan technique. Mais, il est la seule solution possible aujourd'hui pour servir de base à un mécanisme plus important et plus élaboré comme nous l'avions déjà souligné dans Jeune Afrique en décembre 1998 à savoir l'envoi d'une force internationale d'au moins 30,000 soldats pour superviser le retrait des troupes étrangères, sécuriser la frontière Est, aider à l'organisation des élections et à la formation d'une armée nationale forte et intégrant toutes les forces du pays, une condition nécessaire pour la normalisation politique du pays et pour permettre la relance de l'économie.
Le président Clinton, qui voulait passer à l'histoire comme ami de l'Afrique n'avait pas compris que seul un Congo-Zaïre pacifié et réorganisé aurait pu promouvoir et même imposer la vraie paix dans la région des Grands Lacs africains. Le président Clinton n'a pas voulu imposer la paix au Congo-Zaïre comme il l'a fait pour la Bosnie, d'autant plus que comme je l'avais souligné dans un article publié dans la Presse du 17 mai 2000, les troupes mono-ethniques tutsies du Burundi, de l'Ouganda et du Rwanda sont soutenues par des groupes racistes américains et sud-africains, ainsi que par quelques entreprises minières nostalgiques de l'ère de l'esclavage et de la colonisation et qui avaient quelques alliés dans le gouvernement démocrate américain. M. Clinton risque d'être considéré non comme un ami de l'Afrique,mais comme un complice du plus grand génocide qu'il y a sur le continent après la Traite négrière.
Le Canada, la Belgique et la France au nom de la Francophonie doivent persuader le Président Georges W. Bush d'imposer la paix au Congo-Zaïre, le deuxième pays francophone du monde dont la situation actuelle menace la stabilité de toute l'Afrique centrale. La situation est d'autant plus opportune que le père du président Bush connait très bien cette région d'Afrique et que le nouveau gouvernement américain veut changer la politique étrangère et confier plus de pouvoir à des pays amis européens et africains.
Le Congo-Zaïre est d'épris de paix et de liberté. La seule chose qu'il demande à la communauté internationale, c'est de l'aider à assumer sa souveraineté et à organiser des élections pour choisir librement ses dirigeants et ainsi poser les bases d'un développement économique qui peut être bénéfique pour toute l'Afrique.
Kanyurhi T. Tchika
Le premier Sommet des Amériques s'est déroulé à Miami en 1994, à un moment où l'on assistait à des changements radicaux partout dans les Amériques. La Déclaration de Principes émise à l'occasion du Sommet de Miami, précise : « Pour la première fois dans l'Histoire, les États américains constituent une communauté de sociétés démocratiques, unies dans leur recherche de la prospérité au moyen de marchés ouverts, de l'intégration de l'hémisphère et du développement durable. Nous sommes résolus à raffermir et à développer des liens plus étroits de coopération et à transformer nos aspirations en réalités concrètes. »
Lors du Sommet de Miami, les chefs de gouvernement ont établi un système de coopération entre les pays des Amériques d'un bout à l'autre de l'hémisphère, soit du cercle Arctique au nord jusqu'au Chili au sud. Ils ont préparé un plan d'action transparent en guise de modèle ont les citoyens peuvent s'inspirer pour juger leurs gouvernements démocratiques et ils ont établi un mécanisme de suivi pour s'assurer que les mesures arrêtées au Sommet de Miami et lors de sommets futurs seraient mises en Oeuvre.
Le nouveau système de coopération entre les pays des Amériques a modifié la structure traditionnelle de la coopération inter-américaine, qui n'est plus uniquement centrée sur l'Organisation des États américains mais (OEA), mais qui englobe, outre l'OEA, d'autres organisations internationales -- telles la Banque interaméricaine de développement (BID) et la Commission économique des Nations-Unies pour l'Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC), ainsi que des membres de la société civile, y compris des partenariats publics/privés.
À l'occasion du deuxième Sommet des Amériques, qui a eu lieu à Santiago (Chili) en 1998, on a annoncé l'adoption d'un Plan d'action précis axé sur quatre thèmes du Sommet : intégration économique, démocratie et droits de la personne, éducation, et pauvreté et discrimination. Les dirigeants démocratiquement élus de 34 États de l'hémisphère (Amérique du Nord, Amérique centrale, Amérique du Sud et Antilles) qui doivent se rencontrer à l'occasion du Sommet Amériques à Québec en 2001, feront état des progrès accomplis pour s'assurer que les décisions prises à Miami et à Santiago sont mises en ?uvre dans le meilleur intérêt de la paix hémisphérique et de la prospérité des Amériques au XXIe siècle.
Le Canada a participé au premier Sommet et a joué, depuis lors, un rôle de premier plan au niveau de ces rencontres. Lors du deuxième Sommet, qui s'est tenu à Santiago du Chili en avril 1998, le Canada a défini un certain nombre de priorités et examiné les résultats des consultations effectuées dans le pays sur le thème de la société civile.
L'une des principales priorités du Canada est l'amélioration de certains aspects essentiels de l'administration de la justice. Nous avons également inscrit les affaires autochtones à l'ordre du jour du Sommet en tant que volet du thème de la pauvreté et de la discrimination. Le Canada a insisté pour qu'une attention particulière soit accordée aux femmes et aux personnes handicapées dans le cadre ce thème, ainsi que dans d'autres thèmes, comme celui de l'éducation. L'engagement du Canada à l'égard de la création de la Zone de libre-échange des Amériques repose sur sa conviction qu'une telle zone constitue un élément important pour la prospérité économique de l'hémisphère et, par conséquent, pour le renforcement de la démocratie dans la région.
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CRC SOGEMA est une société canadienne de conseil en gestion qui Ïuvre sur la scène internationale auprès des pays en émergence dans les domaines de la gestion, de la formation et de la systématisation. De plus, grâce à CRC SIMA, ses domaines d'expertise se sont étendus à la gestion de l'information géographique, des ressources naturelles et de l'environnement.
Fondée il y a plus de quinze ans, CRC SOGEMA appartient en totalité à 9 actionnaires canadiens possédant tous une vaste expérience de la consultation en gestion, tant au Canada que sur la scène internationale. Elle offre des services aux institutions, entreprises et organismes aussi bien publics, parapublics que privés, en français, anglais et espagnol. CRC SOGEMA a réalisé plus de 150 projets à travers le monde, en Afrique et au Moyen-Orient, en Amérique latine ainsi que dans les Caraïbes.
Pour exécuter ces différents mandats, elle a reçu des crédits de bailleurs de fonds multilatéraux et bilatéraux tels la Banque mondiale (BM), la Banque africaine de développement (BAD), la Banque interaméricaine de développement (BID), le Fonds international de développement agricole (FIDA), l'Agence canadienne de développement international (ACDI), l'agence danoise Danish International Development Agency (DANIDA), le programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).
Avec un chiffre d'affaires de plus de quinze millions de dollars canadiens, CRC SOGEMA est actuellement reconnue comme l'une des plus importantes sociétés canadiennes Ïuvrant en conseil de gestion dans les pays en développement.
CRC SOGEMA/SIMA réalise actuellement des mandats dans des secteurs stratégiques du développement économique qui sont notamment :
¥ Énergie
¥ Postes et télécommunications
¥ Éducation et formation professionnelle
¥ Bonne gouvernance / Réforme et privatisation des entreprises publiques
¥ Environnement et aménagement du territoire
¥ Secteur privé et PME
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